Dr. Pierre François Isard, pioneer of veterinarian ophthalmology talks about upcoming animal safety studies and challenge in animal eye care.

“The Phakorestoration, as thought by Kejako is particularly reassuring for animal models as it’s not intrusive and respects, by nature, the optical quality of the crystalline lens and the functional integrity of the retina, easily proved by visual functional electrophysiology”

Dr. Isard

Dr. Isard, vous êtes un pionnier de l’ophtalmologie vétérinaire, pouvez-vous nous illustrer votre parcours par quelques exemples ?

L’ophtalmologie vétérinaire clinique s’est réellement développée dans les années 80, avec l’avènement de la phacoémulsification ; cette technique a montré que la chirurgie endo oculaire chez les animaux avait un réel avenir. Les technologies associées (visco élastiques, implants, aides chirurgicales miniaturisées, etc …) ont permis de reproduire chez l’animal la plupart des interventions humaines sur les segments antérieurs et postérieurs de l’œil, avec des résultats tout à fait favorables pour la restauration visuelle.

Cette époque correspondait à celle de mon cursus en ophtalmologie qui a naturellement suivi ces évolutions en les adaptant aux particularités anatomo-physiologiques de l’œil animal, le plus souvent en collaborant avec quelques autres précurseurs passionnés réunis au sein de la SFEROV (1) (société française d’études et de recherches en ophtalmologie vétérinaire), première société savante dédiée … Je n’oublie pas l’accueil et le soutien amical de quelques industriels qui m’ont accompagné sans états d’âme ; je pense particulièrement à Gilles Bos, alors directeur technique de Corneal, avec qui j’ai développé le premier implant injectable pour chien « in the world » !

L’ophtalmologie vétérinaire est plus récente que l’ophtalmologie humaine, et elles sont certainement étroitement liées. Comment ces deux branches de l’ophtalmologie s’interconnectent-elles ?

Bien entendu, ces deux aspects de l’ophtalmologie sont étroitement liés par les indispensables essais pré-cliniques qu’on aurait tort de trouver antinomiques. Les comités d’éthique comme les Bonnes Pratiques de Laboratoire (2) représentent autant de protection du monde animal. Par ailleurs, le clinicien que je suis atteste du bénéfice réciproque qui permet aujourd’hui de belles prouesses médico-chirurgicales pour la santé de l’animal de compagnie ou de rente.

Vous avez rejoint l’aventure Kejako à sa genèse, qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?

Un regard sur le monde animal nous montre comment l’évolution darwinienne a permis d’adapter la fonction d’accommodation à l’univers des animaux, de 2 Dioptries chez le chien à 50 Dioptries chez les oiseaux plongeurs… à partir de là, la connaissance physiopathologique de la presbytie et les prouesses technologiques ont cerné un challenge qui ne pouvait pas me laisser indifférent… La confiance dans l’équipe Kejako à fait le reste !

La Phakorestoration telle qu’imaginée par Kejako est particulièrement rassurante pour les modèles animaux puisque qu’elle n’est pas invasive et qu’elle va par définition respecter les qualités optiques du cristallin ainsi que l’intégrité de la rétine, facilement prouvée en électrophysiologie visuelle fonctionnelle.”

Dr. Isard

Vous allez être l’acteur principal des essais de sécurité in-vivo sur les animaux : comment transpose-t-on la sécurité d’une chirurgie laser sur un animal à l’humain ?

La Phakorestoration telle qu’imaginée par Kejako est particulièrement rassurante pour les modèles animaux puisque qu’elle n’est pas invasive et qu’elle va par définition respecter les qualités optiques du cristallin ainsi que l’intégrité de la rétine, facilement prouvée en électrophysiologie visuelle fonctionnelle.

De même, les similarités physiologiques entre l’œil des mammifères et l’œil humain ont déjà permis de nombreuses transpositions réciproques par le passé, comme la greffe de cornée humaine qui a débuté au 19ème siècle par des expérimentations animales, s’est développée sur l’humain, et permet aujourd’hui de soigner des animaux. Concernant l’utilisation du laser femtoseconde en ophtalmologie, les publications récentes pour d’autres applications sont particulièrement rassurantes tant vis à vis de l’homme que de l’animal.

Du fait de notre mode de vie, le traitement de la presbytie est important pour les humains : quels sont les grands enjeux futurs de l’ophtalmologie vétérinaire selon vous ?

La qualité de vie est un souci majeur de l’homme, particulièrement en ces temps troubles à bien des égards… L’allongement constant de l’espérance de vie donne tout son sens à la recherche sur la presbytie qui représente un inconfort, voire un handicap, de plus en plus mal supporté.

Toutefois, comme pour nos collègues humains, l’enjeu majeur de l’ophtalmologie vétérinaire reste le glaucome ; ce « voleur de vision » est encore bien mal identifié dans tous ses aspects physiopathologiques. La participation du cristallin à certaines affections glaucomateuses laisse imaginer qu’une meilleure connaissance et une meilleure approche du vieillissement cristallinien auront des répercussions positives sur la prise en charge de la maladie glaucomateuse.

Merci, un dernier mot pour la fin ?

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer … » (Guillaume d’Orange)


Plus d’informations sur les travaux du Dr. Isard:

  • (1) http://sferov.org/
  • (2) https://www.ansm.sante.fr/Activites/Elaboration-de-bonnes-pratiques/Bonnes-pratiques-de-laboratoire/(offset)/7